"L'activité d'autopartage est définie par la mise en commun, au profit d'utilisateurs abonnés, d'une flotte de véhicules de transports terrestres à moteur. Chaque abonné peut accéder à un véhicule sans conducteur, pour le trajet de son choix et pour une durée limitée." (article 19 du projet de loi Grenelle 2)

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28 janvier 2010

Le covoiturage, ce grand inconnu de nos déplacements quotidiens (1/2)

Stéphanie Vincent, chercheuse à l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) nous parle de covoiturage, une des formes, avec l'autopartage, d'usage optimisé de la voiture.

Partie 1 : Petite histoire du covoiturage en France

Partager sa voiture aide à réduire les frais de déplacements, permet de se faire des amis et – cerise sur le gâteau – c’est bon pour l’environnement ! Tels sont les arguments fréquemment avancés par les promoteurs du covoiturage pour rallier les autosolistes à cette pratique. En ces temps de mobilisation écologiste généralisée, penchons-nous plus particulièrement sur cet usage pour mieux le comprendre. Ou quand une sociologue s’intéresse au covoiturage…

Le covoiturage, un truc nouveau ?

Si le covoiturage occupe le devant de la scène médiatique depuis une petite dizaine d’années, il n’est pourtant pas né au début des années 2000. En effet, le covoiturage ne semble être qu’une forme d’autostop organisé. L’autostop existait même avant que ne se répande la possession de voitures particulières. Ainsi, les « hobos », vagabonds de la fin du XIXème siècle, voyageaient clandestinement sur des trains de marchandises pour traverser d’est en ouest le territoire nord-américain. Plus tard, cette pratique se serait transposée sur les camions, puis sur les voitures particulières.

En France, ce que nous appelons aujourd’hui « covoiturage » semble avoir fait son apparition avec la naissance de l’association ALLOSTOP à Paris en 1958 qui ambitionnait de mettre en relation conducteurs et passagers pour des trajets d’ « autostop organisé ». Cette même association sera l’une des premières à utiliser le terme de « covoiturage », importé de son homologue québécoise en 1989. C’est d’ailleurs cette même année que l’on trouve le terme de covoiturage pour la première fois dans un arrêté des transports.
Développement de la pratique ou visibilité accrue ?
Depuis 1958, d’autres acteurs – associations, entreprises ou institutions – se sont également créées dans le but de développer le covoiturage. Une multitude de sites internet proposent de mettre en relation des covoitureurs pour des trajets exceptionnels (un départ en vacances) ou plus réguliers (particulièrement sur le trajet domicile-travail). Cette explosion du nombre de services de mise en relation de covoitureurs a alors conféré au covoiturage une visibilité accrue. Mais les covoitureurs sont-ils aussi nombreux que les sites ?
Les sites de mise en relation qui n’ont qu’une existence virtuelle sur la toile avaient, jusqu’au milieu des années 2000, de la peine à rendre compte du nombre d’équipages véritablement constitués ; seuls le nombre d’inscrits faisaient l’objet de statistiques. De plus, ces sites visaient plutôt la constitution d’équipages pour des trajets de longue distance et n’ayant lieu qu’une fois.
D’autres services de mise en relation, de statut associatif, se sont implantés dans certaines régions de France. Ces associations mettaient à la disposition des covoitureurs, outre un service de mise en relation, des locaux et un accueil téléphonique. Ces associations se sont développées grâce au démarchage auprès d’entreprises ou d’organisations en proposant un système de mise en relation des salariés pour des covoiturages domicile-travail. Bénéficiant du soutien des institutions locales, certaines sont même devenues au fil des ans des agences de mobilité.
Des entreprises de covoiturage sont même apparues dans les années 2000, qui cherchaient à vendre un service de mise en relation de covoiturage sur les trajets domicile-travail ou lors de certaines manifestations. Mues, à l’origine, par un désir militant de développer cette pratique, elles ont progressivement réussi à faire de leur activité une activité lucrative, notamment grâce à la sous-traitance de réalisation de Plans de Déplacements.
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